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George Desvallières, un peintre sur la petite voie de sainte Thérèse

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DR.

Tableau de George Desvallières.

Marzena Devoud - publié le 30/09/22

George Desvallières est probablement l'un des peintres les moins connus de son époque. Pourtant, en quelque 60 années de carrière, il trace une voie singulière dans l’histoire de l’art français. Une voie habitée par une quête spirituelle ardente qui frappe notamment quand on plonge dans ses tableaux inspirés par la "petite voie" de sainte Thérèse de Lisieux.

Mais qui est vraiment George Desvallières (1861-1950), ce peintre trop peu connu, ami et disciple de Gustave Moreau ? Qui est cet artiste en quête constante autant des nouvelles formes d’art que d’une spiritualité ardente ? Peintre au style à la fois puissant et raffiné, George Desvallières étonne par son dialogue entre le corps et l’âme, entre le charnel et le spirituel.

Croire au sens du sacré

Si l’artiste fonde en 1903 le Salon d’automne qui révèle Henri Matisse, les Fauves et les esthétiques nouvelles, sa conversion à la foi chrétienne un an plus tard, douloureusement marquée par la perte de son fils Daniel dans les combats de la Première Guerre mondiale, le pousse à renouveler l’art sacré.

Aux côtés de Maurice Denis, George Desvallières forme une jeune génération d’artistes chrétiens prônant un art audacieux, à la lumière de l’Évangile. Et quand il fait sa profession de foi dans le Tiers Ordre dominicain, il ne veut rien faire d’autre que de parler du Christ à ses contemporains, avec ce désir profond que ces derniers, malgré les atrocités de la guerre, continuent à croire au sens du sacré. « Mon arrière grand-père s’est converti à l’âge de 43 ans après un long parcours humain et artistique. Et c’est avec ce bagage que son œuvre animée par sa foi touche au sens du sacrifice, celui du soldat qui donne sa vie à la patrie et celui du Christ qui donne sa vie pour sauver l’humanité », explique à Aleteia Maximilien Ambroselli, historien de l’art et arrière-petit-fils de l’artiste.

George Desvallières
George Desvallières (1861-1950), Sainte Thérèse et son père (1938), gouache, encre sur papier, musée Rolin, Autun, France.

Un beau livre d’art intitulé Ô prends mon âme, à paraître en octobre (Magnificat) invite à redécouvrir la « petite voie » de l’amour telle que vécue et révélée par sainte Thérèse de Lisieux à travers, entre autres, les œuvres de George Desvallières. Ces dernières mettent en lumière de façon saisissante les plus beaux textes de la petite sainte de Lisieux. « Ce livre d’art offre une promenade dans les écrits de la sainte. Mais pour une véritable promenade, il a fallu que tous les sens y soient présents. Des paysages, des visages, des allégories qui parlent à l’âme et au cœur, bien au-delà des mots », explique à Aleteia Bénédicte Delelis, co-auteur de l’ouvrage. « D’où l’idée d’accompagner ce testament spirituel de la petite Thérèse par les œuvres des artistes de son temps, dont celles de George Desvallières. »

Notre-Dame des Victoires et sainte Thérèse

« Mon arrière-grand-père cultivait une vraie dévotion à sainte Thérèse de Lisieux. Elle s’est intensifiée pendant la guerre : comme Jeanne d’Arc, la petite Thérèse était bien présente dans les tranchées auprès des soldats français », reprend Maximilien Ambroselli. Mais il y a un autre lien essentiel entre le peintre et celle qui avait révélé la petite voie de l’amour. C’est l’église Notre-Dame des Victoires à Paris. « Sa conversion spirituelle est liée à ce lieu. C’est là, où mon arrière-grand-père en 1904 a entendu une petite voie intérieure lui disant : Mets-toi à genoux et récite ton crédo. Il l’a fait, puis est allé se confesser. Pour la petite Thérèse, la visite à Notre-Dame des Victoires, en 1887, était aussi très importante. C’est ici qu’elle a compris sa vocation d’entrer au Carmel. Je pense que ce lien profond à travers Notre-Dame des Victoires a beaucoup rapproché mon arrière-grand-père de la spiritualité de Thérèse. La notion d’une vie offerte au Carmel et d’une vie donnée est très présente dans ses œuvres », souligne Maximilien Ambroselli.

Faire aimer l’amour

En regardant page par page les tableaux du peintre face aux écrits de la carmélite, il ne fait aucun doute que, lui aussi, y trace son propre cheminement spirituel. « Pour qui s’engage sur la petite voie de l’amour selon Thérèse, il y a un chemin à parcourir, il y a des étapes à atteindre… et à franchir, franchissements que, parfois, la petite Thérèse appelle elle-même une conversion », écrit Pierre-Marie Varennes dans la préface du livre. Des franchissements que George Desvallières a entrepris à l’aide de ses pinceaux guidés par la main de la petite Thérèse…

Découvrez, en images, les plus belles œuvres de George Desvallières inspirées par la spiritualité de sainte Thérèse de Lisieux :

Tags:
art sacréThérèse de Lisieux
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