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“Vaincre ou Mourir”, un boulet de canon contre l’histoire officielle

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Tamalet Christine/Presse

Louis Daufresne - publié le 03/02/23

Le message est sans nuance, mais l’entreprise semble réussir. L’excellent démarrage du film “Vaincre ou Mourir” est un boulet de canon tiré dans la verrière de l’histoire officielle, estime notre chroniqueur Louis Daufresne.

Vaincre ou mourir, faut-il choisir ? Charette ne vainquit point et mourut fusillé sous la Révolution. Qu’à cela ne tienne, le voilà ressuscité ! Pas n’importe comment, suivez mon regard : Le Puy-du-Fou Films, nouvel entrant dans le milieu du 7e art, sabre le champagne avec le « roi de la Vendée », le cap des 100 000 entrées étant franchi dès la première semaine. Le film sera dans 235 salles en semaine 2, malgré la campagne de presse visant à dissuader les exploitants de le mettre à l’affiche.

Nos héros oubliés

Avec Vaincre ou Mourir, Charette se mue en héros éliminé par des puissances de mort, tel un Geronimo ou un Che Guevara. Sa fin est christique, la place de Viarmes parodiant le Golgotha. Qui connaissait son panache ? Celui-ci ne faisait le tour que d’un petit milieu, comme le drapeau rouge au Champ-de-Mars. Le cénotaphe de cette Antigone bottée était fleuri par quelques historiens zélés et têtus, et une poignée de militants à cravate fleurdelysée. Maintenant, servi par un Hugo Becker magistral, Charette entre au Panthéon des victimes de l’histoire. Le Puy-du-Fou sera-t-il une usine à rêve, un Hollywood du bocage ? Ses ressources tiennent à la fois de la manière et de la matière : la geste épique du film s’inspire d’un spectacle intitulé Le Dernier Panache, l’un de ses grands succès. Le film puise aussi dans l’armada costumée des figurants de la cinéscénie, mobilise une armée de chevaux et jouit de lieux de tournage grandeur nature. 

Une guerre d’influence se joue sur le front du divertissement.

Nicolas de Villiers, le patron, va-t-il multiplier les coups ? De partout, quelle que soit l’époque, nos héros oubliés crient vers lui, il en est persuadé. Son entreprise va féconder le réarmement idéologique dont la France a besoin pour ne pas mourir. Notre société n’est-elle pas à la fois désarmée et déconstruite par toutes les superstructures idéologiques chargées d’en pétrir l’esprit : médias mainstream, Éducation nationale, industrie culturelle ? L’amnésie collective est le seul programme méthodiquement suivi, se dit-on en Vendée. 

Dans la verrière de l’histoire officielle

Une guerre d’influence se joue sur le front du divertissement. Les images submergent la sensibilité, l’inondent de messages, de biais cognitifs. Ainsi se fabriquent nos représentations. L’écran banalise ou ostracise, sépare les bons et les méchants. Inverser les rôles est subversif. Bien que Le Puy-du-Fou se défende de toute volonté politique, Vaincre ou Mourir ne trompe personne. Comme le note un historien hostile interviewé dans La Croix, « sous couvert d’un film grand public, c’est un usage politique insidieux ».

“Vaincre ou Mourir” montre l’indicible avec fracas, expose crûment ce que la Révolution ne peut pas dire d’elle-même

Insidieux ? Vaincre ou Mourir est plutôt un boulet de canon tiré dans la verrière proprette de l’histoire officielle. Si le film manque de nuances, c’est pour faire pièce à une Terreur qui plastronne encore. Les généraux Turreau et Amey, deux bouchers de la Vendée, n’ont-ils pas les honneurs de l’Arc de Triomphe ? Vaincre ou Mourir montre l’indicible avec fracas, expose crûment ce que la Révolution ne peut pas dire d’elle-même sans se contredire dans son principe. « Je ne suis pas un saint mais je n’irai pas en enfer, s’écrie Charette, car l’enfer, j’en viens. »

Tags:
CinémacultureHistoireVendée
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