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Ce qui pourrait faire d’Anne-Gabrielle Caron une sainte

Anne-Gabrielle Caron.

Association Anne-Gabrielle

Anne-Gabrielle Caron.

Mathilde de Robien - publié le 23/02/23

Il y a 14 ans, le 24 février 2009, une biopsie révélait qu’Anne-Gabrielle Caron, une fillette de 7 ans, était atteinte d’un sarcome d’Ewing, un cancer osseux très virulent. Ouverte en septembre 2020 dans le diocèse de Toulon, la cause de béatification et de canonisation d’Anne-Gabrielle arrive à la fin de la phase diocésaine. Entretien avec son postulateur, Pascal Barthélemy.

Un sourire qui reflétait le sourire de Dieu. C’est ainsi que le frère Jean-François de Louvencourt, auteur du livre Celle qui rayonnait Dieu (Téqui), décrit Anne-Gabrielle Caron, cette petite fille emportée par un cancer à l’âge de 8 ans et dont la cause de béatification est ouverte depuis 2020.

Née le 29 janvier 2002 à Toulon, Anne-Gabrielle Caron connaît une enfance heureuse dans une famille très croyante. À 6 ans et demi, elle se plaint de douleurs à la jambe droite. Le 24 février 2009, une biopsie osseuse révèle un sarcome d’Ewing, un cancer osseux très virulent. Éduquée dans la foi catholique, accompagnée par un prêtre, elle découvre qu’elle peut donner du sens à ses souffrances en les offrant à d’autres intentions, en union avec celles du Christ. Sa terrible maladie devient dès lors l’occasion d’une ascension spirituelle impressionnante pour une petite fille de son âge. Elle décède le 23 juillet 2010 à l’âge de 8 ans. Son sourire, la manière dont elle a vécu sa maladie, son amour pour la Vierge Marie, ses paroles lumineuses… Autant de signes qui ont conduit sa paroisse toulonnaise Saint-François de Paule à présenter sa cause en vue de la canonisation. Le 12 septembre 2020, le diocèse de Fréjus-Toulon a ouvert officiellement le procès d’Anne-Gabrielle Caron, qui porte depuis le titre de Servante de Dieu.

Son postulateur a pour mission de documenter d’une part la “réputation de sainteté” d’Anne-Gabrielle (dans quelle mesure et pourquoi est-elle considérée comme sainte par les fidèles), et d’autre part la “réputation de signes” (grâces reçues par son intermédiaire). Fort de 40 ans d’expérience professionnelle dans l’industrie et le conseil, Pascal Barthélemy ne connaissait pas Anne-Gabrielle avant d’être nommé, en avril 2019, postulateur par la paroisse de Toulon. Il revient pour Aleteia sur les avancées de la procédure et témoigne de l’extraordinaire spiritualité d’Anne-Gabrielle, “petite image de la splendeur de Dieu”, et du don fabuleux que recèle sa mission, celui de “toucher du doigt l’action de la grâce au quotidien”.

Aleteia : Où en est la cause d’Anne-Gabrielle ?
Pascal Barthélemy : Le procès diocésain s’est ouvert le 12 septembre 2020. Avant cela, la conférence des évêques de France avait donné à 78% un avis favorable à l’introduction de la cause le 10 juin 2020 et la Congrégation pour les causes des saints avait fait savoir que, rien, dans les dicastères romains, ne s’opposait à l’examen de la cause (nihil obstat). Actuellement nous terminons la phase d’enquête diocésaine : un tribunal spécifique auditionne les derniers témoins. Les choses ont bien avancé et cette phase pourrait se clore mi-2023.

Que se passera-t-il après ?
Le dossier est envoyé à Rome. La Congrégation pour la Cause des Saints examine la régularité de la procédure diocésaine et le postulateur romain rédige la Positio super Vita, Virtutibus et Fama Sanctitatis où sont exposés les éléments qui permettront d’atteindre une certitude morale quant à la sainteté d’Anne-Gabrielle. La cause est ensuite présentée au congresso des experts théologiens et à l’Assemblée ordinaire des membres de la Congrégation, qui portent un jugement sur la cause et décident s’il y a lieu de la présenter au Pape. C’est lui qui peut alors déclarer vénérable le serviteur de Dieu, par un décret sur les vertus héroïques. Puis, si un miracle lui est attribué, Anne-Gabrielle pourrait être déclarée bienheureuse. Pour être sainte, un deuxième miracle est nécessaire.

C’est la Providence qui indique par le biais des grâces et des miracles quelle cause elle souhaite voir avancer.

Des étapes qui peuvent prendre des années ! Mais il faut bien comprendre que ce n’est pas nous qui en décidons mais l’Esprit saint. À travers les grâces reçues, c’est l’Esprit saint qui est derrière et qui manifeste à l’Église que cette cause est agréée. C’est la Providence qui indique par le biais des grâces et des miracles quelle cause elle souhaite voir avancer.

Quels sont ces signes qui ont permis d’ouvrir la cause d’Anne-Gabrielle ?
De nombreux témoignages de grâces ont suivi la mort d’Anne-Gabrielle. Et il semble qu’elle nourrisse une affection particulière pour les familles ! Des naissances tant attendues, des guérisons inespérées, des embauches…  J’ai dénombré une dizaine de cas de jeunes ménages qui ne parvenaient pas à avoir d’enfant. Ils avaient pourtant beaucoup prié ! Mais lorsqu’ils ont invoqué l’intercession d’Anne-Gabrielle, ils ont été comblés. Il y a des signes très frappants. Je pense à un couple dont la naissance est intervenue neuf mois jour pour jour après la neuvaine à Anne-Gabrielle. Nous avons par ailleurs investigué sur trois autres cas pour savoir s’il s’agissait de miracles mais non, les éléments n’étaient pas réunis.

Qu’est-ce qui permet de cerner la spiritualité d’Anne-Gabrielle ?
Ce sont tout d’abord les témoignages de personnes qui ont connu de près ou de loin Anne-Gabrielle et qui peuvent témoigner de la manière dont elle a vécu. Sa mère a notamment recueilli et noté les paroles d’Anne-Gabrielle, comme le lui avaient conseillé des religieuses. Pour une cause de canonisation, c’est remarquable ! Car nous avons les dires d’Anne-Gabrielle garantis, fiables et qui recoupent les témoignages que nous avons reçus.

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Nous n’avons que deux pages d’écrits, c’est très peu ! Si on compare avec la cause du Professeur Lejeune, il y a des dizaines de milliers d’écrits, des lettres, des conférences… En raison de son âge, nous n’avons quasiment rien, donc ce n’est pas par ses écrits que nous cernons la sainteté d’Anne-Gabrielle, mais plutôt à travers ce qu’elle a dit, ce qu’elle a vécu, pendant la période assez restreinte de sa maladie.

Peut-on dire que c’est “grâce à” ou “à cause de” sa maladie qu’elle est engagée sur le chemin de la sainteté ? En d’autres termes, si elle n’avait pas été malade, aurait-elle été sainte ?
C’est difficile à dire ! Ce qui est évident est qu’Anne-Gabrielle a su saisir l’occasion de sa maladie pour développer cette sainteté. Ce qui est frappant chez elle est l’articulation entre l’éducation qu’elle a reçue et l’œuvre de la grâce. Ses parents lui ont donné une éducation de grande qualité qui a constitué la base sur laquelle la grâce a pu agir. Le seul fait de comprendre qu’une part de notre existence consiste à s’unir à la croix du Christ permet, lorsqu’une maladie grave survient, d’accepter plus facilement l’épreuve. Cela facilite un peu la capacité de l’enfant à accepter la maladie et en offrir les souffrances plutôt que de basculer dans la révolte, ce qui paraîtrait tout à fait légitime ! Cela étant, Anne-Gabrielle n’a pas voulu la maladie, elle s’est battue contre, elle a demandé un miracle ! Mais sa démarche personnelle, consistant à dire “puisque telle est la volonté de Dieu, je suis prête à l’accepter”, a été l’œuvre de la grâce, facilitée par son éducation. Je dirais que son éducation a été un marchepied pour la grâce.

Il y a malheureusement beaucoup d’autres enfants malades, courageux et élevés dans la foi catholique. Qu’est-ce qui définit la sainteté d’Anne-Gabrielle ?
Nous avons décelé chez Anne-Gabrielle trois éléments significatifs. Le premier est l’acceptation de sa maladie, parallèlement à la volonté de la surmonter. Bien sûr, elle a connu des moments de doute, avec parfois des expressions contradictoires : “Que votre volonté soit faite, mais quand même guérissez-moi”, dit-elle. Elle s’est interrogée, aussi : “J’aimerais bien savoir pourquoi il m’a choisie moi et pas quelqu’un d’autre. C’est quand même beaucoup. Mais je veux bien l’accepter.” Finalement, elle accepte toujours, en union avec les souffrances du Christ.

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Le second aspect de la sainteté d’Anne-Gabrielle est la manière dont elle offre ses souffrances, signe d’une maturité exceptionnelle. Elle accepte tout, mais ce n’est pas par bravoure, c’est en vue des autres. On voit apparaître avec le temps une appropriation de la médiation chez Anne-Gabrielle. Elle offre ses souffrances pour les enfants malades, pour les âmes du purgatoire. Un jour, elle confie à sa mère : “J’ai demandé au Bon Dieu de me donner toutes les souffrances des enfants de l’hôpital… – Mais ne penses-tu pas que tu souffres déjà assez ? – Oh si, maman, mais je souffre tellement que si eux pouvaient ne pas souffrir…”

Enfin, et c’est peut-être ce qui la caractérise le plus, Anne-Gabrielle endure sa maladie et ses souffrances avec le sourire. Un sourire extraordinaire. Elle-même disait : “Souvent je ne sais pas quoi dire, alors je souris.” Et une infirmière a déclaré : “Je n’ai jamais vu quelqu’un avoir un tel sourire et sourire autant, surtout ici à l’hôpital.” Un sourire qui reflétait le plus profond de son cœur.

Neuvaine par l’intercession d’Anne-Gabrielle Caron

Très Sainte Trinité,

Par le Cœur Immaculé de Marie, nous Te rendons grâce pour Anne-Gabrielle, de tout ce que Tu as réalisé dans sa courte vie.

Elle s’est livrée à Ton Amour et était animée d’un grand zèle pour le salut des âmes.

Nous Te prions par, son intercession, de nous accorder cette grâce…, que nous sollicitons de Ta Miséricorde infinie, si telle est Ta Volonté d’Amour pour nous.

Amen.

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