L’information a été confirmée par les autorités suisses : sept dirigeants de la Fédération internationale de football (Fifa) et d’organisations affiliées ont été arrêtés à l’aube aujourd’hui, 27 mai, à Zurich, cueillis au saut du lit dans leur luxueux hôtel par la police cantonale zurichoise sur ordre de l’Office fédéral de la justice (OFJ) qui répondait à la demande des autorités américaines.
Corruption et blanchiment d’argent
Ces dirigeants se trouvaient réunis à Zurich, siège de la Fifa, pour participer au congrès annuel de la fédération, à l’issue duquel devait avoir lieu l’élection de son nouveau président, vendredi. Peu de chance qu’ils y participent : placés en détention, et après avoir été entendus dans la journée par la police suisse, ils devraient être extradés aux États-Unis pour y répondre de l’accusation de corruption et de blanchiment d’argent, selon The New York Times, qui a révélé l’affaire.
Dans la journée, la justice américaine a indiqué avoir inculpé neuf élus et cinq fonctionnaires de la Fifa, pour des faits s’étalant sur les 24 dernières années. Ils sont soupçonnés d’avoir accepté depuis le début des années 1990 des pots-de-vin et des commissions d’un montant de plusieurs millions de dollars. S’agissant des sept personnes arrêtées ce matin à Zurich, "celles qui consentiront d’emblée à l’extradition feront l’objet d’une procédure simplifiée par laquelle l’OFJ pourra sans délai approuver la demande d’extradition vers les États-Unis et l’exécuter. Pour celles qui s’y opposeront, l’OFJ priera les États-Unis de faire parvenir une demande formelle d’extradition à la Suisse dans le délai de 40 jours prévu par le traité d’extradition en vigueur entre les deux pays", précise un communiqué de l’Office fédéral de la justice suisse.
Une clarification très attendue
"L’enquête se focaliserait sur la CONCACAF, la confédération Amérique du Nord, Amérique centrale et Caraïbes. Cible de plusieurs accusations de corruption, son ancien président, Jack Warner (Trinité et Tobago), avait démissionné en 2011" (L’Équipe). Il s’agit de contrats de marketing, mais aussi des conditions d’attribution des Coupes du Monde : "En parallèle, le parquet suisse a indiqué avoir ouvert le 10 mars dernier une procédure pénale distincte contre X pour soupçons "de blanchiment d’argent et gestion déloyale" entourant les attributions des Coupes du Monde de football de 2018 à la Russie et 2022 au Qatar. Elle a saisi ce mercredi des documents électroniques au siège de la Fifa à Zurich. "Les enrichissements illégitimes se seraient déroulés en partie au moins en Suisse", a précisé le ministère de la Justice" (Les Échos). Côté américain, le procureur new-yorkais affirme que la corruption au sein de la Fifa est "rampante, systémique et profondément enracinée dans les pratiques de l’institution, tant à l’étranger qu’aux États-Unis". "Dans ce contexte délicat, l’institution sportive – qui n’est pas connue pour sa transparence – a déclaré qu’elle cherchait "à clarifier" la situation après ces arrestations" (Le Monde).