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Mettre ses talents au service de la réussite : la leçon du dôme de Florence

SANTA MARIA DEL FIORE

By Romas_Photo | Shutterstock

Pierre d’Elbée - publié le 16/06/18

Détermination, humour et compétences pluridisciplinaires : comment l’architecte de la célèbre cathédrale a mis tout le monde d’accord pour imposer sa solution.  

Nous sommes à Florence, en 1415. L’immense église Santa Maria del Fiore — encore en chantier — est prête à recevoir sa coupole. Malheureusement, l’architecte qui a conçu l’ensemble de la construction est mort, emportant son secret dans la tombe. Les maîtres d’œuvre sont obligés de relancer une consultation pour résoudre un problème de taille : comment construire sans arcs boutants (comme dans les cathédrales françaises, allemandes ou comme celle de Milan) un dôme de taille exceptionnelle qui… ne s’écroule pas ?

Les meilleurs spécialistes de l’époque considèrent le problème comme insoluble, sauf Filippo Brunelleschi. On le prend pour un fou. Il se fait insulter. On le jette dehors, il est la risée de tout Florence.

« S’ils avaient su »

Mais comme personne ne trouve de solution, on finit par le rappeler. Un jour que ses concurrents lui demandent comment il compte faire, il se montre méfiant et rusé. Par défi, il leur montre un œuf : « Celui qui arrivera à le faire tenir debout sera digne de faire la coupole » leur dit-il. Comme personne n’y arrive, Filippo prend l’œuf, en écrase l’extrémité sur une table de marbre, et le pose ainsi debout sur sa base cassée. Furieux, ses concurrents lui disent qu’à ce compte, tous auraient pu y arriver « s’ils avaient su ». Et lui de répliquer qu’ils auraient déjà élevé la coupole «s’ils avaient su»…




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Un méga-projet professionnel

L’histoire de la coupole est l’histoire d’un méga-projet professionnel. Tout y est : un climat concurrentiel entre les villes de Florence, Sienne, Milan… mais aussi entre les architectes. Une situation inédite qui demande une solution technique à laquelle aucun savoir de l’époque n’a encore répondu. Un enjeu fort : il y va de la gloire de Florence, mais aussi de la crédibilité de Filippo. Des solutions complexes qui supposent une croisée de savoirs : Filippo a utilisé toutes les connaissances de son époque, sa formation d’orfèvre, ses connaissances mathématiques, la perspective — qu’il a inventée —, son observation passionnée des monuments antiques de Rome…

L’art de la réussite

La réussite de Filippo Brunelleschi est impressionnante. « Si l’on considère la très grande portée de la coupole de Santa Maria del Fiore, caractéristique qu’elle partage avec Saint-Pierre de Rome et le Panthéon, ainsi que les caractéristiques qui la distinguent entre toutes, hauteur propre de la voûte (31,5 m) et surtout géométrie octogonale de l’ouvrage et réalisation sans aucune armature de soutien, on peut affirmer que la construction de la coupole de Brunelleschi n’a jamais été surpassée » commente le polytechnicien J.-F. Devémy.


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Comme quoi la culture de projet suppose une détermination exceptionnelle, une connaissance supérieure non dénuée d’une pointe d’humour et de ruse. La Renaissance italienne — et tout particulièrement l’histoire du dôme de Florence — est bien une figure exceptionnelle des projets tels que nous les pratiquons aujourd’hui.

Tags:
florencePatrimoine
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