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Trouver Dieu dans l’abîme, quand la prison devient lieu de conversion

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STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Raphaëlle Coquebert - publié le 24/10/21

Si les prisons sont bien souvent des lieux de déréliction, il arrive aussi que, par l’entremise des aumôniers, la Lumière s’y fraie un chemin. Et que L’Esprit saint retourne les cœurs.

L’attention aux plus faibles, ça lui connaît. Parce qu’il a fait sienne l’assertion du bienheureux Pierre Claverie : “On est plus que jamais chrétiens lorsqu’on expose sa vie là où l’humanité est blessée“, le père Éric Venot-Eiffel a été, entre autres, bénévole chez les Petits Frères des Pauvres dans ses années étudiantes, aumônier en soins palliatifs à Jeanne Garnier de 2001 à 2005, puis aumônier d’un centre pénitentiaire de l’Ouest (2012-2020). C’est cette dernière expérience, à la fois éprouvante et lumineuse, qu’il relate dans son deuxième ouvrage Derrière les hauts murs.

Voir plus loin que ses actes

Avec pour seul mantra une phrase de l’Évangile (“Si ton cœur te condamne, sache que Dieu est plus grand que ton cœur” (Jn 1, 3-20), ce pasteur est allé huit ans durant à la rencontre des prisonniers pour tenter de leur apporter du réconfort et déceler en eux, derrière leurs actes sordides, la trace de leur dignité de Fils de Dieu. 

Une tâche souvent ardue ou apparemment vaine, mais dont la fécondité se révèle parfois avec force, comme dans cette lettre de R. : “Nous sommes sans moral, dépossédés de tout, seuls dans notre cellule. (…) Le dimanche matin, quand vient la messe, c’est une délivrance, un partage, une communion, un plaisir d’être rassemblés (…) Grâce au père, j’ai appris à pardonner. Vouloir que l’on nous pardonne sans que nous-même ne le fassions était devenu pour moi un non-sens. Je dois ce changement au Père, aux chrétiens et aux évangiles.”

De cet “univers de souffrance et de nuit”, le père Éric, qui se voit comme “sourcier de la grâce” rapporte quelques témoignages bouleversants prouvant qu’il est possible de s’extirper de son passé pour “renaître d’en haut.” 

Des ténèbres à la vie

Ainsi, celui de P., se remémorant la première visite d’un aumônier dans sa cellule. “À la fin, il m’a dit “ Au nom de Dieu, je te pardonne tout le mal que tu as pu faire”. Et j’ai pleuré. Le Père m’avait guéri intérieurement cœur et âme (…) Je me sentais dans un monde nouveau. Dieu, dans toute sa miséricorde (…) venait de m’accueillir bras grands ouverts.”

Ou celui de B., 45 ans, que de graves troubles psychiatriques ont conduit à tuer la mère de ses deux enfants : “Je me suis rapproché de l’aumônerie catholique pénitentiaire (…). Nous savions être accompagnés par des êtres humains poussés par une force mystique bienveillante : Dieu. (…) Je ne sais toujours pas qui je suis, sauf que je suis plus que mes péchés. (…) Je sais que Dieu peut me guider.”

Un bel hommage à tous ces chrétiens anonymes, portés par une inextinguible foi en Dieu et en l’homme, qui leur fait tendre la main à ceux qui semblent n’avoir plus visage humain, mais que Dieu visite et relève.

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Derrière les hauts murs, Éric Venot-Eiffel, février 2021, Ed. Médiaspaul, 16 euros.

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