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Le supplément d’âme du vin de ces religieuses néerlandaises

Norbertanki z klasztoru Sint Catharinadal w swojej winnicy

fot. arch. zgromadzenia norbertanek w Sint Catharinadal

Madeleine Galek - Bérengère Dommaigné - publié le 25/08/23

Ces religieuses néerlandaises cultivent le raisin sur une exploitation de la taille de dix terrains de football, et la quantité de vin qu'elles produisent chaque année pourrait remplir une piscine olympique ! Mais en plus de ce breuvage, les moniales offrent à ceux qui le souhaitent un répit spirituel et béni, au milieu des vignes.

Les moniales norbertines du monastère de Saint Catharinadal, situé dans la région du Brabant, au sud des Pays-Bas, sont l’une des plus anciennes congrégations du pays  : elles existent depuis près de 750 ans. Malgré une histoire mouvementée — la Réforme, ou la domination française après la conquête napoléonienne, quand, malgré la liberté de religion, la vie monastique était considérée comme inutile  — les moniales norbertines ont préservé non seulement leur communauté, mais aussi les bâtiments du monastère et les terres qui les entourent, en grande partie grâce à la protection de la cour royale, à laquelle plusieurs sœurs étaient liées. Dans la mesure du possible, les religieuses ont cultivé les champs et exploité la ferme de manière à pouvoir se suffire à elles-mêmes. Et c’est encore le cas aujourd’hui, avec juste un changement de culture et le passage à la vigne depuis 2015. 

Pourquoi le vin ?

“Le vin a des connotations bibliques et fait référence à Jésus. Et pour être honnête, les sœurs l’aiment aussi”, explique ainsi sœur Mary Magdalene, la prieure du monastère de Saint Catharinadal. Bien que les religieuses norbertines aient d’abord envisagé de cultiver du houblon sur les vastes terres du monastère, elles ont décidé que la production de bière correspondait moins à l’image d’un monastère de femmes et, c’est ainsi qu’en mai 2015, elles ont commencé à produire du vin.

Cette activité commerciale des sœurs (exploitation du vignoble, de la cave et de la boutique du couvent), a été mise en place pour une raison simple : maintenir une base financière saine pour l’avenir. Dans un pays où il existe une certaine distanciation entre la société et l’Église, et donc probablement un soutien matériel relativement faible de la part de la communauté, les couvents essaient ainsi de vivre de leur propre travail.

Norbertanki z klasztoru Sint Catharinadal w swojej winnicy

Blanc, rosé et pétillant

Les sœurs ont une production variée. Du Norbertus blanc (nom du vin en l’honneur du fondateur de l’ordre), du Ricwere rosé (du nom de la première religieuse norbertine), ou encore Augustinus, un Chardonnay élevé en fûts de bois, (du nom du Père de l’Église dont la règle monastique est suivie dans l’ordre des Norbertines). Mais on trouve également un Pinot Gris élevé en fûts de bois, un vin rosé élevé en fûts de bois, créé exclusivement pour le restaurant du monastère ou encore un vin mousseux traditionnel élaboré à partir de raisins blancs du cépage Chardonnay. Le tout sur 7,5 hectares, soit l’équivalent de dix terrains de football !

Les sœurs produisent en moyenne 40.000 bouteilles de vin à partir de leur récolte annuelle de fruits. Mais avec la canicule dans le pays à l’été 2022, elles se sont retrouvées dans une situation difficile avec une surproduction. En effet, la récolte de raisin a été si abondante qu’elles ont produit jusqu’à 64.000 bouteilles de vin qu’elles n’ont pas réussi à vendre. Pas de quoi inquiéter les sœurs cependant, optimistes sur leurs stocks et confiantes en la Providence. “Si elles se vendent, nos soucis financiers s’en trouveront allégés”, a déclaré sereine Sœur Mary Magdalene.

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Une grande récolte, et beaucoup d’ouvriers

Le couvent de Sint Catharinadal n’abrite pourtant qu’une dizaine de sœurs. Alors comment font-elles pour produire autant ? Bien sûr, elles sont aidées, notamment grâce à des employés à l’année, mais aussi des saisonniers et des bénévoles qui reviennent pour chaque vendange, attirés par la beauté des lieux. Car si elles sont viticultrices, les sœurs sont avant tout des moniales qui vivent pour Dieu, et proposent à ceux qui le souhaitent de séjourner dans la paix et la tranquillité, au rythme du monastère, et avec le “travail dans la vigne”.

Répondre aux besoins spirituels

Pour répondre aux besoins spirituels des populations, les sœurs ont ainsi ouvert une “maison d’épanouissement et de développement” qui accueille à l’année des groupes, ou des pèlerins.  “La foi, le sens, la spiritualité  — prendre un moment pour réfléchir à ces questions peut être d’un intérêt croissant, y compris parmi ceux qui ne se sentent plus (complètement) chez eux dans l’Église traditionnelle. Notre Maison d’accueil espère répondre à un besoin social dans ce domaine. En outre, elle offre aux personnes intéressées la possibilité de s’informer sur la vie religieuse”, décrivent ainsi les moniales norbertines sur leur site web. Dans le cadre de cette “offre” spirituelle, les moniales travaillent ainsi avec des partenaires expérimentés pour servir les gens par le biais de retraites, de journées de recueillement, de rencontres avec les sœurs ou simplement de nuitées à la maison d’hôtes. 

Norbertanki z klasztoru Sint Catharinadal w swojej winnicy

Les bâtiments du monastère, magnifiquement restaurés et classés monuments nationaux, respirent la tranquillité, la simplicité et la beauté. C’est un environnement extrêmement inspirant pour se rencontrer, avec Dieu, avec soi-même, avec les autres. Et comme le dit saint Matthieu, (13-23) “Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.”

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