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Sion, l’autre nom de Jérusalem

Bazylika Grobu Bożego w Jerozolimie

LALS STOCK | Shutterstock

Vue aérienne de Jérusalem.

Valdemar de Vaux - publié le 09/09/23

Cité de Dieu, ville sainte… Jérusalem peut être qualifiée de nombreuses manières. Parmi ces toponymes, l’un est particulièrement biblique : Sion. Retour sur l’origine de ce nom et sur son sens spirituel.

Pour le pèlerin qui va aujourd’hui à Jérusalem, qui découvre la “cité du grand roi” (cf. Ps 47, 3), il est difficile de faire abstraction des épaisses murailles construites par les Ottomans. Et pourtant, elles sont trompeuses car elles n’enserrent pas la ville comme au temps de Jésus. Parmi les quartiers désormais en dehors de la Vieille ville, le mont Sion, accessible en sortant par la porte du même nom. 

Sion, voilà un nom qui apparaît couramment, dans l’Ancien testament surtout. Pourquoi ce dernier feraient-elles référence à cette colline qui abritait au premier siècle de notre ère un quartier aristocratique et ce qui a ensuite été nommé Cénacle, lieu du Dernier repas ? Parce que le mot « Sion », qui désigne une borne ou un monument funéraire en hébreu, était d’abord utilisé pour le mont du Temple, actuelle esplanade des mosquées, dont s’empare le roi David dans le deuxième livre de Samuel (2 Sm 5, 7). Un transfert de localisation qui n’eut semble-t-il lieu qu’à l’époque byzantine. 

Dans le judaïsme, Sion est donc le lieu de la maison de Dieu. Par métonymie, et parce que l’exil à Babylon empêche de vénérer le Seigneur en son Temple, le terme désigne aussi la présence du Créateur au milieu de son peuple ou la Jérusalem céleste, dont la terrestre est la figure : “Elle est fondée sur les montagnes saintes. Le Seigneur aime les portes de Sion plus que toutes les demeures de Jacob. Pour ta gloire on parle de toi, ville de Dieu ! Je cite l’Égypte et Babylone entre celles qui me connaissent.”

La terre d’élection de Dieu

Voyez Tyr, la Philistie, l’Éthiopie : chacune est née là-bas. Mais on appelle Sion : “Ma mère !” car en elle, tout homme est né. C’est lui, le Très-Haut, qui la maintient. Au registre des peuples, le Seigneur écrit : “Chacun est né là-bas.” Tous ensemble ils dansent, et ils chantent : “En toi, toutes nos sources !” (Ps 86) Ce panel de sens a donné au XIXe siècle le mot “sionisme”, doctrine politique de création d’un État juif en Palestine. 

Pour les chrétiens, Sion est restée la terre d’élection de Dieu, le lieu de sa manifestation passée et de sa présence actuelle, le nom de la cité à venir. Ainsi l’Église est-elle, comme Marie, cette “fille de Sion” qui naît de la foi humble dans les promesses du Seigneur et puise aux sources de sa présence. 

Dans sa méditation sur l’épouse du Christ et sa mère, le concile Vatican II le rappelle : “Elle [Marie] occupe la première place parmi ces humbles et ces pauvres du Seigneur qui espèrent et reçoivent le salut de lui avec confiance. Enfin, avec elle, la fille de Sion par excellence, après la longue attente de la promesse, s’accomplissent les temps…” (Lumen gentium, §55). Avec cet angle sémantique, les Écritures reçoivent un sens nouveau. Par exemple lorsque le chrétien prie pour son Eglise si fragile en reprenant les mots du psalmiste : “Accorde à Sion le bonheur, relève les murs de Jérusalem” (Ps 50, 20).

Tags:
JérusalemTerre sainte
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