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Matej Mohorič : “Je fais ce que je peux, je laisse le reste à Dieu”

Slovenian rider Matej Mohoric

Photo by Tim De Waele / POOL / AFP

Andreja Hergula - publié le 06/10/23

Matej Mohorič, le champion cycliste slovène a accordé une interview à Aleteia. Il revient sur son enfance, son parcours sportif mais aussi sa foi et sa confiance en Dieu qui le porte au quotidien.

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Il aime le vélo depuis qu’il est enfant. Il l’utilise au quotidien, pour la compétition bien sûr, et même pour partir en vacances. Matej Mohorič, 29 ans, vainqueur de Milan-San Remo en 2022 et d’une étape sur chacun des trois grands tours est depuis cinq ans un pilier de l’équipe Bahrain Victorious. Il a accordé à Aleteia une interview entre deux entraînements. 

Aleteia : Quel éducation avez-vous reçu de vos parents et quel était votre quotidien d’enfant ? 
Matej Mohorič : L’éducation de mes parents a été basée sur des valeurs chrétiennes, notamment l’honnêteté et le travail. Ils ont tout fait pour que je devienne une personne persévérante et compatissante. Ma mère a été et est toujours très active au sein de notre paroisse. Quand je rentrais de l’école, et après avoir terminé mon travail scolaire, j’aidais régulièrement à la ferme. La plupart du temps, j’étais heureux de travailler, mais il y avait aussi des jours où j’aurais préféré jouer à l’ordinateur ou au football avec mes amis ! Ceci dit, je finissais toujours mon travail. C’était un exercice d’équilibre permanent entre le travail et les loisirs, c’est pourquoi j’accordais beaucoup d’importance à mon temps libre et ne le considérais jamais comme acquis.

Vous êtes l’aîné de quatre enfants. Comment vous entendiez-vous les uns avec les autres ?
Nous avions de très bonnes relations avec mes sœurs et mon frère, et c’est toujours le cas aujourd’hui, ce dont je leur suis très reconnaissant. Ils viennent régulièrement voir mes courses, et m’encouragent toujours avec joie. 

Quand avez-vous eu votre premier vélo ?
Quand j’étais enfant, il n’y avait pas beaucoup de vélos et on nous en donnait un peu plus tard qu’aujourd’hui. Si ma fille de 3 ans a déjà son propre vélo et sait déjà en faire, de mon côté, je n’en ai eu un qu’à l’âge de 4 ou 5 ans, et j’ai eu mon premier VTT à l’âge de 8 ou 9 ans. J’ai grandi dans le petit village de Gorenjska (ndrl: au nord-est de la Slovénie), et l’après-midi, quand il n’y avait pas de travail à la ferme, je retrouvais les garçons du village et nous nous poursuivions à vélo dans le village et les bois environnants. Je ne passais pas beaucoup de temps à la maison, j’étais toujours connecté à la nature et j’étais amoureux du vélo parce qu’il me donnait une liberté de mouvement, je pouvais aller où je voulais. Puis à l’âge de 12 ans, j’ai eu mon premier vélo de course, lorsque j’ai rejoint le club de cyclisme.

Slovenian rider Matej Mohoric

Et à l’école, comment cela se passait ? 
J’aimais aller à l’école, j’étais toujours le premier à lever la main, et je dois admettre que j’avais de très bonnes notes. Ce que je préférais, c’étaient les sciences et les mathématiques. La décision de devenir un athlète professionnel n’a pas été si facile à prendre, car j’aimais les études. Si je n’étais pas devenu sportif de haut niveau, je serais probablement allé à la faculté de génie mécanique et je serais devenu ingénieur.

Depuis 2018, vous faites partie de Bahrain Merida, maintenant Bahrain Victorious. Bahreïn est un pays insulaire situé dans le golfe Persique. Y allez vous régulièrement ?
J’ai visité ces endroits à plusieurs reprises. Je m’y rends généralement une fois par an pour des engagements liés au sponsoring et aux médias. Je n’y suis jamais allé en tant que touriste, mais j’ai vu certains sites. C’est très différent de l’Europe bien sûr, mais les habitants sont davantage attachés à leurs valeurs que les Européens et ont davantage la foi, non seulement en Dieu, mais aussi dans l’ordre social. Ils font plus confiance aux gouvernants et sont donc moins dans le conflit, contrairement à nous Européens, qui nous opposons sans cesse les uns aux autres. 

Slovenian rider Matej Mohoric

Faites-vous également du vélo pour vos courses ou vos loisirs ?
Toujours. J’aime le vélo parce qu’il me simplifie la vie. Il me rend rapide et mobile et me fait gagner beaucoup de temps dans mon emploi du temps. J’aime joindre l’utile à l’agréable et j’emmène souvent mes deux enfants, ma fille de 3 ans et demi et mon fils d’un an et demi, en balade à vélo. Le vélo me donne une autre dimension, car je peux rencontrer des voisins et des connaissances en chemin. Parfois, nous prenons un itinéraire plus long et panoramique, en profitant des vues et en nous arrêtant dans une aire de jeux entre les deux. En voiture, j’ai parfois l’impression de perdre du temps. Sur un vélo, le temps passe différemment car je suis en contact avec la nature et le grand air.

Que voulez-vous enseigner à votre enfant dans la vie ?
L’honnêteté, la persévérance et le travail. Dans une vie qui passe vite, je veux qu’ils sachent trouver le bonheur dans les relations et dans les petites choses qui égayent nos journées.

Avant les compétitions, je me concentre sur ma préparation physique, mais au moment de concourir, je remets entre les mains de Dieu tous mes soucis concernant le résultat.

En août dernier, vous avez fait don de plus de 24.000 euros pour des victimes d’inondations. Qui a été votre modèle en matière de charité et de compassion ?
Mes parents. Chaque fois que j’ai pu aider les autres, je l’ai fait non seulement pour leur bien, mais aussi pour mon propre bien-être. J’ai fait don à Karitas du même montant que le prix de ma victoire au Tour de Pologne pour les victimes des inondations. On ne sait jamais quand on se retrouvera dans cette situation. Aujourd’hui, j’ai réussi et je suis bien loti matériellement, mais on ne sait jamais de quoi demain sera fait, c’est pourquoi il est juste que les gens s’entraident.

Vous vous préparez physiquement, psychologiquement, nutritionnellement… Mais vous avez aussi une préparation spéciale en plus de tout cela. Voulez-vous nous la confier ?
Bien sûr, c’est sans aucun doute la prière, qui me débarrasse d’une grande partie du poids des attentes et me libère. Avant les compétitions, je me concentre sur ma préparation physique, mais au moment de concourir, je remets entre les mains de Dieu tous mes soucis concernant le résultat. Je fais de mon mieux et je ne me préoccupe de rien d’autre. Les cyclistes ont un problème : le jour de la course, ils commencent à penser à des facteurs qui sont hors de leur contrôle. S’il y a une chute massive devant vous et que vous n’avez nulle part où aller, ce n’est pas quelque chose que je peux influencer. Je trouve qu’il est inutile de penser ainsi, car je crois fermement que quelqu’un là-haut veille sur moi. Un accident peut arriver, mais j’essaie de l’éviter. Je fais ce que je peux et je laisse le reste à Dieu.

Tags:
CyclismeDieuSporttour de france
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