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Incinération : ce que recommande désormais l’Église catholique

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Fred de Noyelle / GODONG

Colombarium du cimetière du Père Lachaise.

Agnès Pinard Legry - avec I.Media - publié le 13/12/23

Le dicastère pour la Doctrine de la foi a publié le 12 décembre un document dans lequel il détaille explicitement où il est possible de conserver les cendres d’un proche défunt en cas d'incinération.

Il est possible de conserver sous certaines conditions les cendres d’un proche défunt, a indiqué le dicastère pour la Doctrine de la foi dans une notre publiée mardi 12 décembre. Elles peuvent être conservées dans un lieu commun ou d’en conserver une partie dans un lieu significatif pour le défunt, a affirmé le cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du dicastère, dans le document.

Cette brève note répond à deux questions posées par le cardinal Matteo Zuppi, archevêque de Bologne, qui a alerté le dicastère après avoir constaté dans son diocèse “la prolifération du choix d’incinérer les défunts et de disperser leurs cendres dans la nature”. Il a noté que ce choix procédait souvent d’un raisonnement économique, la dispersion des cendres étant moins onéreuse que l’inhumation.

Pour éviter que les cendres ne soient dispersées, ce que l’Église n’autorise pas, le cardinal Zuppi a donc demandé s’il est possible de créer un lieu commun, “à l’instar de ce qui se passe dans un ossuaire”, dans lequel les cendres pourraient être recueillies et où seraient indiquées les données personnelles “pour ne pas disperser la mémoire” du défunt. Une seconde question du cardinal porte sur la possibilité pour une famille de “conserver une partie des cendres d’un membre de la famille dans un lieu significatif de l’histoire du défunt”.

Réduire les risque de “soustraire le défunt à la prière”

Le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi répond à l’affirmative aux deux demandes. Il est ainsi autorisé de créer un lieu “sacré, défini et permanent” pour recueillir les cendres des baptisés en indiquant bien leurs données personnelles. Et il est autorisé de conserver les cendres d’un proche dans un lieu sacré avec l’autorisation de l’autorité ecclésiastique, mais “à condition d’exclure tout type de malentendu panthéiste, naturaliste ou nihiliste”.

Pour expliquer sa décision, le cardinal Fernandez s’appuie principalement sur l’instructionAd resurgendum cum Christo, publiée par son prédécesseur le cardinal Gerhard Ludwig Müller en 2016. Le cardinal argentin rappelle qu’il y est demandé que les urnes funéraires recueillant les cendres soient conservées dans un lieu sacré ou dans un lieu dédié reconnu par l’autorité ecclésiastique. Le but de ces demandes, souligne-t-il, est de réduire les risques de “soustraire le défunt à la prière et au souvenir de ses proches et de la communauté chrétienne”, “d’oubli et d’irrespect” ou encore de “pratiques inconvenantes ou superstitieuses”.

L’Église, insiste le cardinal argentin, accorde cependant une “attention et une dévotion particulière aux reliques des saints” et plus largement pour les restes matériels d’une personne, qui font partie de son parcours historique. Elle encourage donc à une “attitude de respect sacré envers les cendres des défunts”, en les conservant dans un “lieu sacré propice à la prière” ou à proximité des églises où se rendre leurs proches.

Pour mémoire, la crémation en France doit suivre certaines règles précises. Elle doit être réalisée au maximum six jours ouvrables après le décès. Après la crémation, les cendres doivent être recueillies dans une urne munie d’une plaque indiquant l’identité du défunt et le nom du crématorium. Trois solutions sont proposées pour le “devenir” des cendres : le cimetière ou le site cinéraire, la dispersion en pleine nature ou l’inhumation de l’urne dans une propriété privée. L’urne peut également être gardée pendant un an maximum dans un lieu de culte après accord de ce dernier.

Une préférence pour l’inhumation

Si elle n’est pas opposée à l’incinération, l’Église préfère l’inhumation car elle tient, jusque dans la mort, “la commune identité du baptisé avec Jésus dont le corps a été mis au tombeau le Vendredi saint”, rappelle le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle (SNPLS). Mais elle n’interdit pas pour autant l’incinération puisque “l’incinération du cadavre ne touche pas à l’âme et n’empêche pas la toute-puissance divine de ressusciter le corps ; elle ne contient donc pas, en soi, la négation objective de la doctrine chrétienne sur l’immortalité de l’âme et la résurrection des corps” (Ad resurgendum cum Christo, § 4).

Un décret, daté du 8 mai 1963, a supprimé l’interdiction d’obsèques religieuses pour des personnes qui ont choisi la crémation. Le code de droit canonique de 1983 précise la position de l’Église (Can. 1176 § 3) ainsi : “L’Église recommande vivement que soit conservée la pieuse coutume d’ensevelir les corps des défunts ; cependant elle n’interdit pas l’incinération, à moins que celle-ci n’ait été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne.”

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