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Une révolution au dicastère pour la Doctrine de la foi ?

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Le dicastère pour la Doctrine de la foi (DDF)

Cyprien Viet - publié le 17/12/23

L’entrée en fonction comme préfet, en septembre dernier, du nouveau cardinal argentin Víctor Manuel Fernández a ouvert une nouvelle ère au sein du dicastère pour la Doctrine de la foi, l’ex-Saint-Office, marqué par le long mandat du cardinal Joseph Ratzinger qui fut à sa tête de 1981 à 2005. De la situation des mères célibataires à la conservation des cendres des défunts, des approches pastorales nouvelles émergent des nombreux textes publiés par ce dicastère.

“Le fait d’être une mère célibataire n’empêche pas l’accès à l’eucharistie.” Pour le rappeler, le dicastère pour la Doctrine de la foi a publié sur son site cette semaine une lettre approuvée par le pape François, comme cela est devenu l’usage sous la houlette du nouveau préfet, le cardinal Víctor Manuel Fernández. Interpellé par un évêque de République dominicaine, le Vatican a pris la défense de ces femmes qui “ont choisi la vie”, exhortant à les entourer de compassion. 

L’enjeu est de taille. Dans certains contextes en effet, les situations canoniques ‘irrégulières’ peuvent impliquer la majorité voire la quasi-totalité des participants à la vie d’une paroisse. “Si je ne donnais la communion qu’à celles et ceux qui sont parfaitement en règle, plus personne ne pourrait communier”, faisait ainsi remarquer Mgr Jean-Paul Vesco, lors du Synode sur la famille. Alors évêque d’Oran, en Algérie, ce dominicain français accompagnait une communauté catholique majoritairement formée de migrants africains aux vies chaotiques et cabossées.

Sous le pontificat de François, le dicastère pour la Doctrine de la foi a donc été appelé progressivement à accompagner une ouverture pastorale pragmatique, mais cette orientation n’allait pas de soi, le Pape se heurtant aux réticences de sa propre administration. Après avoir évincé le médiatique cardinal allemand Gerhard Ludwig Müller de sa charge de préfet de l’ex-Saint-Office en 2017, le pape a confié cette mission au jésuite espagnol Luis Ladaria Ferrer, un théologien de facture classique mais plus discret et loyal. Cependant, la publication en février 2021 d’un document rappelant l’interdiction des bénédictions de couples homosexuels a provoqué un malaise palpable entre ce dicastère et le pape François, mécontent de la tonalité de ce texte, qu’il avait pourtant officiellement approuvé. Mais dans un rescrit publié vendredi et daté du 21 octobre dernier, le pape François a précisé que seule sa signature personnelle sur les documents publiés par la section doctrinale de ce dicastère les rend valable. 

Entre accélération et prudence tactique

Avec le nouveau préfet argentin, le Pape compte désormais un allié objectif et un collaborateur aligné sur ses positions. Depuis cette reprise en main de l’ex-Saint-Office par le pape, le nombre de documents s’est accéléré à un rythme inhabituel, concernant des sujets aussi variés que le baptême des transsexuels ou des enfants nés par GPA, l’accès à la communion des divorcés-remariés ou encore, cette semaine également, les modalités de conservation des cendres d’un défunt. En réponse à une question posée par le cardinal Matteo Zuppi sur la crémation, le dicastère pour la Doctrine de la foi a autorisé l’établissement d’un lieu “sacré, défini et permanent” pour recueillir les cendres des baptisés en indiquant leurs données personnelles. Il est par ailleurs autorisé de conserver les cendres d’un proche dans un lieu sacré avec l’autorisation de l’autorité ecclésiastique, “à condition d’exclure tout type de malentendu panthéiste, naturaliste ou nihiliste.”

Le cardinal argentin de 61 ans a souvent été présenté comme un libéral ou un moderniste, mais il sait aussi jouer la carte de la continuité et de la prudence doctrinale. En novembre, interpellé par un évêque philippin sur la séduction opérée par la franc-maçonnerie parmi une partie des catholiques de son diocèse, le cardinal Fernández a ainsi rappelé avec clarté et fermeté l’interdiction de toute appartenance maçonnique édictée par le cardinal Ratzinger en 1983. Ceux qui s’attendaient à une forme de relativisme ‘humaniste’ sur ce dossier ont donc été pris à contre-pied. “C’est tactiquement très intelligent… Cela prouve que le cardinal n’agit pas de manière unilatérale, mais qu’il sait aussi s’appuyer sur l’expérience passée de ce dicastère”, estime un prêtre français qui fut familier du Vatican à l’époque de Jean-Paul II et de Benoît XVI

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Curie romaineFoiVatican
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